Comment définir philosophiquement l'Etat ?

 

par élisa6 |

     

Qu'est-ce que la notion philosophique d''Etat ? Quelle est sa fonction ? Est-ce garantir la sécurité des individus-citoyens et leur liberté, ou être un instrument de domination ? Tour d'horizon de cette notion avec les théories de plusieurs philosophes ayant réfléchi sur le sujet.

Étapes de réalisation

1.

L'Etat ou le monopole de la violence légitime

L'Etat est une organisation-institution d'un groupe historique, une forme de pouvoir institutionnalisé et rationalisé. Il est doté d'organes juridiques et administratifs, d'une armée pour le défendre contre d'éventuels ennemis.
Mais l'Etat constitue également un appareil de contrainte : à l'intérieur de ses frontières, il s'oppose à ceux qui enfreignent sa loi. A l'extérieur, il est le seul détenteur du "monopole de la violence légitime", c'est-à-dire que lui seul a la légitimé d'agresser ou de se défendre contre un autre Etat.

2.

Le Léviathan d'Hobbes

Pour Hobbes (1588-1679), les hommes se trouvent naturellement dans un état de violence. Pour y mettre un terme, il pense un "contrat" passé entre les membres de la collectivité, pour créer un état social. Pour Hobbes, par crainte de leur mort et suivant un précepte de la raison qui est d'éviter tout ce qui est destructeur à la vie, les hommes ont décidé de renoncer ensemble à leur droit de nature afin de le transférer à une autorité souveraine à laquelle il se soumettent. En échange, cette autorité souveraine, l'Etat, leur assure la sécurité et la protection.
Pour Hobbes, l'Etat tient donc sa raison d'être par le fait que "l'homme est un loup pour l'homme". Le Léviathan est donc cette puissance souveraine, issue du contrat passé entre les hommes pour garantir leur sécurité.

3.

Montesquieu et les limites de l'Etat : le pouvoir doit arrêter le pouvoir

Quelles limites doit respecter l'Etat ? En tant que puissance souveraine issue du contrat social, l'Etat a-t-il cependant la légitimité d'avoir tous les pouvoirs ?
Pour Montesquieu (1689-1755), l'Etat ne doit pas être représenté par une seule personne, car l'autorité unique constitue toujours un risque d'arbitraire. Le philosophe défend l'idée d'une répartition des compétences, d'une division des pouvoirs au sein de l'Etat, dans le but de garantir des décisions justes guidées par le besoin collectif et non pas des choix personnels. Dans "De l'esprit des lois", Montesquieu critique la démocratie et l'aristocratie, qui ne sont pas, selon lui, "des états libres par nature", car ce ne sont pas "des états modérés". Il faut que le pouvoir contienne en lui de quoi le modérer : il faut que le pouvoir arrête le pouvoir, pour ne pas que les hommes soient tentés d'en abuser. Pour Rousseau (1712-1778), c'est le peuple qui doit détenir le pouvoir législatif.

4.

La dimension répressive de l'Etat (Marx, Engels, Lénine)

Pour Marx (1818-1883) et Engels (1820-1895), l'Etat est l'instrument de domination d'une classe sur une autre, le pouvoir donné à une élite étant nécessairement néfaste pour ceux qui le subissent. Leur idéal : construire une société sans Etat, car l'Etat est l'expression d'une société inégalitaire. Pour ce faire, ils imaginent une société où les hommes établiraient dans la violence un abolissement des classes, qui aboutirait progressivement à une disparition progressive de l'Etat et à l'égalité entre tous.

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