Comment relier le passé au présent avec la psychogénéalogie ?

 

par mamytine74 |

     

Il arrive que l'on se sente mal sans savoir pourquoi. On a éliminé les causes médicales, la psychothérapie n'a rien donné. On a l'impression d'un secret du passé qui serait la cause de tous les problèmes. Cette approche qui cherche à trouver parmi les ancêtres l'origine de son mal-être s'appelle la psychogénéalogie. Elle a suscité doute et méfiance dans les milieux médicaux. Sans aller jusqu'à accuser le passé familial de tous nos maux présents, nous pouvons utiliser cet outil pour repérer certains faits qui se sont transmis entre générations, pour nous en détacher, car nous ne sommes pas "déterminés" mais acteurs de notre propre vie.

Étapes de réalisation

1.

Un bon moyen pour se situer dans une chaîne familiale, c'est de réaliser un arbre généalogique. Profitez d'une réunion de famille et de la présence d'anciens pour le faire, en remontant jusqu'à 4 générations, c'est-à-dire vos arrière-grands-parents. Notez l'identité de chacun, ses dates de naissance et de décès.

2.

Glanez sur chacun le maximum de renseignements que vous pourrez obtenir, et notez-le dans un cahier, avec une page pour chaque personne. Vous aurez peut-être besoin d'écrire à des mairies pour demander des compléments d'information : où la personne est-elle née ? Quelle était sa profession ? La profession de son père ? Quel était le nom de son (sa ) conjoint(e), (renseignements indiqués sur les actes de mariage, par exemple). Faites parler les plus âgés de la famille, en tête à tête. Des détails qui leur sembleront sans importance peuvent en avoir une pour vous : un accident ? Un départ à l'étranger ? Une maladie grave ?

3.

Penchez-vous sur la vie sentimentale de vos aînés, grands-parents, arrière-grands-parents. Écrivez les anecdotes, les amours passagères, les chagrins. Demandez la cause des décès. Si votre famille habite dans la même région depuis longtemps, vos recherches seront facilitées car vous pourrez vous adresser à des cousins, des vieux voisins. Mais vos démarches ne doivent ni gêner ni paraître indécentes.

4.

Avec toute l'histoire familiale que vous aurez récoltée, vous pourrez remarquer des répétitions d'une génération sur l'autre, ou des faits qui en ont influencé d'autres. Par exemple si vous portez le prénom d'un(e) aïeul(e), c'est peut-être qu'il ou elle avait une personnalité marquante, et inconsciemment les traits de cette personnalité vous ont façonné(e). Cela pourra provoquer en vous une prise de conscience libératrice ("Voilà pourquoi je fais toujours telle chose !")

Astuces et mises en garde

Mise(s) en garde :

En faisant l'inventaire du vécu de nos aïeux, nous ne réglerons peut-être pas tous nos problèmes actuels, mais cela participera à une meilleure connaissance de notre filiation, et des personnalités qui nous ont précédé. A nous de les observer avec recul. Elles ont apporté leur pierre à l'édifice mais nous sommes avant tout uniques

Commentaires

baudouinlabriqiue | 05/09/2009  

@mamytine74 qui avoue :"Je ne suis pas spécialiste" et pourtant vous avertissez "Cela pourra provoquer en vous une prise de conscience libératrice." Sachez que la plupart du temps, suivant ce que j’observe en thérapie, il ne suffit pas de savoir d’où viennent les comportements souffrants (par exemple, répétition d’un comportement d’un aïeul) ; en effet, de tels comportements se sont répétés depuis longtemps et même souvent depuis la tendre enfance. Ils ont généré des bénéfices secondaires (avantages cachés). Exemple : une femme qui se dévoue corps et bien en se sacrifiant à sa famille. Il ne suffira pas qu’elle découvre qu’elle répète le comportement de sa grand-mère : il faudra qu’elle prenne conscience de ce qui l’a conduite enfant à se comporter (par exemple) comme la sœur aînée qui vient remplacer la maman défaillante. Cependant, il faudra sine sua non qu’elle fasse d’une part, un travail personnel pour allez secourir la petite fille en elle qui s’est à ce point oubliée et ensuite, faire le deuil de l’image valorisante obtenue dans la famille et la société du fait de ce rôle (imposé) qu’elle a endossé. C’est seulement alors qu’elle pourra se sentir complètement affranchie du dit comportement et sans effets pervers. Je trouve dangereux de faire état de telles certitudes et donc de faux espoirs. En faisant croire au gens que la conscience de ce qui fait qu’on répète tel comportement et même si on a fait le lien par rapport à son enfance (ce dont vous ne parlez pas), voici à quels souffrances surajoutées auxquelles on s’expose comme nous le fait remarquer la célèbre psychothérapeute Chantal Rialland déjà citée : « Sans prise de conscience, sans travail sur soi, nous sommes condamnés à reproduire ultérieurement nos identifications d’enfant. Parfois à notre insu. Certains ont choisi de faire tout le contraire de leur famille. Malheureusement, vivre le contre-scénario, c’est encore vivre en fonction du scénario. Prendre le contre-pied, ce n’est pas accéder à la liberté d’être soi-même, c’est agir à l’inverse en étant constamment dans la comparaison. L’aventure d’une vie humaine, c’est avant tout l’aventure de la conscience. » (vois son livre « Cette famille qui vit en nous ») http://www.retrouversonnord.be/Rialland.htm

baudouinlabriqiue | 05/09/2009  

@mamytine74, merci pour cette précision (ouf !) à propos de la psychothérapie. En revanche, le constatant auprès de patients échaudés et pour ne pas dire épuisés par trop de recherches psychogénéalogiques ou durant trop longtemps, voici les écueils rencontrés : - croire qu’on va trouver l’origine des maux et surtout les résoudre uniquement dans ce que l’investigation psychogénéalogique même poussée pourrait permettre de mettre au jour, - privilégier la sphère mentale alors que la libération réelle et profonde ne se fait pas par la seule prise de conscience de liens transgénérationnels mais par la mise en contact de la sphère émotionnelle (c’est très difficile de le faire non accompagné et en plus par un thérapeute qui s’inscrit dans une réelle démarche humble et empathique de relation d’aide (voici un lien qui peut vous expliquer ce qu’on peut entendre par ce type d’accompagnement : http://www.retrouversonnord.be/psychoapproprio.htm )

mamytine74 | 05/09/2009  

Merci de votre commentaire. Je ne suis pas spécialiste, juste curieuse de tout ce qui se passe dans le monde. En écrivant "la psychothérapie n'a rien donné", je veux seulement dire que l'on peut avoir été déçu par le contenu et le résultat des séances que l'on a suivies, et désirer tenter une autre approche. Cela ne remet pas en cause la psychothérapie. Mais on doit rester persuadé que ce n'est pas une science exacte, et privilégier tous les moyens de s'en sortir seul. Bien sûr que la psychogénéalogie n'est qu'un outil incomplet, et qu'elle ne guérit pas. Mais quand on fait la démarche d'aller seul au-devant de ses ancêtres, c'est un pas vers une certaine compréhension de ses origines, donc de soi. L'action en elle-même est une preuve d'une volonté de changement.

baudouinlabriqiue | 05/09/2009  

C'est réducteur et faux de prétendre que "la psychothérapie n'a rien donné." D’une part, c’est comme prétendre qu’en psychothérapie il n’y a qu’une voie et qui n’inclurait donc pas la psychogénéalogie ! Les psychothérapeutes dignes de ce nom intègrent forcément dans la démarche analytique , les données transgénérationnelles. Cependant, c’est un piège de faire croire ici que la psychogénéalogie est une approche en tant que telle : ce n’est qu’un outil et utilisé en priorité ou en exclusivité, il reste fort incomplet et donne rarement des résultats durables. Voici ce que dit la célèbre psychothérapeute Chantal Rialland au sujet de la psychogénéalogie : "C'est une méthode d'investigation extrêmement rapide. En une dizaine d'heures, on peut appréhender l'origine de certains problèmes. Mais savoir est une chose, intégrer et guérir en est une autre." Pour mieux le comprendre : « Ce que la Psychogénéalogie apporte sur le plan thérapeutique » : http://www.retrouversonnord.be/psychogenealogie.htm#apporte

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