Comment reconnaître une synecdoque ?

 

par evegill |

     
Comment reconnaître une synecdoque ?

La synecdoque est une figure de style littéraire, et plus spécialement une figure de substitution. Elle appartient à la famille des tropes ou métasémèmes, c'est-à-dire qu'elle détourne un mot ou une expression de son sens propre. Son principe de fonctionnement est simple à comprendre, mais présente pourtant une difficulté de taille : l'étroite ressemblance avec la figure de la métonymie. Les explications qui suivent devraient vous aider à y voir plus clair.

Étapes de réalisation

1.

La synecdoque substitue un terme à un autre à travers une relation d'inclusion : c'est-à-dire que le sens du terme qui est utilisé comprend celui du terme qui est remplacé. Il existe ainsi plusieurs sortes de synecdoques.

2.

- La synecdoque qui exprime le tout pour la partie (= généralisation) : "L'équipe de France a marqué un but" pour "un joueur a marqué un but".
- La synecdoque qui exprime la partie pour le tout (= particularisation) : "la voile" pour "le bateau".



3.

- La synecdoque qui exprime le genre pour l'espèce (= généralisation) : "les mortels" pour "les hommes"
- La synecdoque qui exprime l'espèce pour le genre (= particularisation) : "le pain" pour "la nourriture"

4.

A partir de ces quatre catégories, on comprend vite que la synecdoque est soit généralisante, soit particularisante. De là, d'autres catégories naissent :

- le singulier pour le pluriel ("l'homme est mortel" pour "les hommes") et vice versa ("Les Anglais ont marqué un but" pour "un joueur")
- la matière pour l'objet (un "cuir" pour "un manteau en cuir") et vice versa ("croiser le fer" pour "les épées")
- le nom commun pour le nom propre (la "ville lumière" pour "Paris") et vice versa (un "Dom Juan" pour un "séducteur")
- le concret pour l'abstrait ("J'ai pitié de ses larmes" pour "sa tristesse") et vice versa (le "sexe faible" pour "les femmes").

5.

La différence entre métonymie et synecdoque réside donc dans l'aspect quantitatif de la synecdoque (généralisation et particularisation), alors que la métonymie joue sur les relations qualitatives des éléments.

César Chesnau Du Marsais, grammairien du XXe siècle, définit clairement ces deux figures :

"En un mot, dans la métonymie, je prends un nom pour un autre, au lieu que dans la synecdoque, je prends le plus pour le moins, ou le moins pour le plus."

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