Comment définir la passion au XVIIe siècle ?

 

par evegill |

     

Thème philosophique et vaste réservoir de discussion, la passion a très tôt donné lieu à divers jugements de valeur et interprétations qui ont évolué avec le temps et les mentalités. Le XVIIe siècle, époque du classicisme, des normes et des valeurs "figées", l'a considérée selon ces éléments. Beaucoup d'écrivains en ont fait le thème privilégié de leurs oeuvres, destinées à montrer les effets et les conséquences de cet état de l'esprit humain, des "passions de l'âme".

Étapes de réalisation

1.

Au XVIIe siècle, la passion est jugée comme négative. Puisqu'elle rend le sujet esclave d'elle-même et sa volonté raisonnable passive, elle mène à des excès, et l'individu qui en est atteint est considéré comme malade. De ce fait, elle constitue un objet d'analyse psychologique et physique.

2.

Deux conceptions de la passion sont envisageables.

La première est pessimiste : la passion est mauvaise et amène immanquablement à la fatalité. Elle dégrade l'être humain, mais fait naître l'empathie. Phèdre de Racine est atteinte d'une passion insurmontable et "criminelle" pour son beau-fils Hippolyte : cet état amène des conséquences dramatiques (la mort d'Hippolyte et le suicide de Phèdre).

3.

L'autre conception de la passion apparaît plus optimiste : elle croit au pouvoir de la raison qui peut parvenir à maîtriser celui de la passion. Celle-ci acquiert donc un statut relativement positif à condition qu'elle soit suffisamment dominée par la faculté raisonnable, et peut amener à des conséquences bienfaisantes, car elle est source d'enseignement et d'épanouissement : elle permet à l'homme de vivre selon ses désirs et sa nature propre.

4.

Descartes a ainsi établi une hiérarchie des passions ("Traité des passions"), qu'il présente comme un état de changement de l'âme indépendant des influences corporelles : "Tout ce qui n'est point action est passion". Ici encore, les passions sont capables d'amener l'homme à bien agir s'il est capable d'écouter sa raison.

5.

Corneille introduit une part d'admiration dans la passion, car elle participe à la grandeur de l'âme humaine (la gloire).

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